S'informer Actualités JO 2012: la polém[…]
le 14 mars 2010 à 12h07 par ij59
On a déjà évoqué l'opposition rencontrée par le Comité Organisateur
des Sports Equestres à Londres (LOCOG) sur l'utilisation du site de
Greenwich Park, situé au coeur de la capitale et enregistré au
patrimoine mondial de l'UNESCO (voir news antérieures). Un comité
de défense local s'est créé, le NOGOE (No to Greenwich Olympic
Equestrian Events; 93% du voisinage serait opposé au projet), et ne
désarme pas depuis, avançant par ailleurs des arguments de
poids.
La journaliste et commentatrice Pippa Cuckson vient d'écrire un
article dans la revue Horse International concernant les différents
"compromis", entendre par là défauts et problème soulevés,
engendrés par le projet d'utilisation de Greenwich Park pour les
compétitions equestres (cf lien fin d'article); elle y
évoque:
- Le manque d'espace flagrant pour un évènement de cette ampleur:
compétitions simultanées de différentes disciplines, respect des
mesures de sécurité anti-terrorisme, application des nouvelles
directives FEI concernant la politique de sport propre...
- La sous-estimation évidente du coût de l'organisation à
Greenwich: 6 millions de Livres Sterling annoncé alors que les
estimations s'approchent plutôt de 43 millions de Livres Sterling,
sachant de plus qu'il n'y aura pas à priori "d'héritage olympique"
puisqu'aucune structure ne sera conservée sur place.
- Le problème posé par la protection et la sauvegarde des bâtiments
classés, des vestiges romains et de la flore du parc durant cette
période et le coût supplémentaire impliqué.
- La conception particulièrement tortueuse et accidentée du
parcours de cross et la difficulté surajoutée par le choix
d'obstacles fixes portatifs afin de préserver l'environnement, les
chevaux devant fournir plus d'efforts sur le franchissement d'après
Andrew Nicholson.
- La difficulté posée par le déplacement des 75 000 spectateurs
attendus pour le cross, le parcours, très boisé, malgré l'élagage
envisagé, prévoyant par endroit des passages d'une largeur de
seulement 2 mètres de large pour les concurrents. A priori,
nombreux sont ceux qui devront se contenter des écrans
géants.
- Le problème de surcharge des transports en commun de la capitale
face à cette affluence exceptionnelle. Se rendre sur place le jour
du cross relèvera de l'exploit.
- Le non-respect de la réglementation FEI concernant la dimension
des paddocks d'échauffement et d'entraînement, ainsi que celle des
écuries, au cours de manifestations olympiques. Il semblerait que
la FEI se montre d'ailleurs plus "indulgente" sur ces points
qu'elle ne l'avait été pour Athènes et Pékin...
- L'éloignement du 2ème site prévu pour accueillir une partie des
écuries, Blackheath, qui se trouve à environ 1 km, ce qui
compliquera véritablement le travail des grooms...
L'entêtement du Comité Organisateur des JO à suivre sa politique de
proximité des Jeux et donc, à maintenir les compétitions équestres
sur un site aussi urbain, même si symbolique, semble aller à
l'encontre d'un déroulement pratique, réglementaire et moins
onéreux, d'une telle manifestation. Le site de Windsor, beaucoup
plus approprié, n'aurait même pas été visité par le Comité alors
qu'il faisait partie des lieux proposés.
Apparemment, le Comité Organisateur joue la course contre la montre
pour ne pas avoir à relocaliser le projet. Néanmoins, une audience
doit avoir lieu le 23 de ce mois pour répondre au recours juridique
de l'Association NOGOE sur l'autorisation d'utilisation du
Parc.
http://www.nogoe2012.com/downloads/2010-march-horse-international.pdf

